
Aujourd’hui
le guarana est partout ; boissons, compléments alimentaires, gels douche,
friandises, gélules… est
ce un effet de mode ou une prise de conscience des propriétés de
cette plante ? Mais quel est ce fameux guarana ?
Malheureusement la loi du marché nous
impose certaines règles notamment : si l’offre est inférieure à la demande les prix
augmentent et inversement. L’Amazonie risque d’en pâtir une fois de plus à cause
de notre mode de vie d'un capitalisme égoïste et non respectueux.
Quelles solutions s’offrent alors à nous consom'acteurs
pour préserver un patrimoine sans se priver ?

Le guarana
Le guarana (paullinia
cupana), est un arbuste de la famille des Sapindacées cultivé en
Amérique du Sud, essentiellement au Brésil et au Vénézuéla.
La plante est connue par
les européens depuis le XVIIIe siècle, découverte attribuée au
botaniste allemand F. Christian Franz Paullini.
Son fruit possède une
substance, appelée guaranine qui est très proche de la caféine.
Contrairement à la caféine, la guaranine n'a pas les effets excitants
si le guarana est cuit à feux doux (la torréfaction modifie les
principes actifs du guarana).
Le fruit de couleur
rouge laisse apparaître lorsqu'il est mûr une chair blanche ainsi que
les graines. Au Brésil celle-ci
est cultivée dans les états d'Amazonie et de Bahia. Dans la région
proche de la municipalité de Maues, les amérindiens de la
nation Satere-Mawe continuent de transmettre des légendes sur
l'origine de la plante.
L’origine Mythologique

Plusieurs
mythes racontent l'origine du guarana. Selon l'un d'entre eux, une
jeune indienne dit à son fils mort trop jeune :
" Toi, mon fils, tu seras la plus grande force de la Nature, tu feras
le bien pour tous les hommes, tu seras grand, tu libèreras les hommes
de problèmes et les soigneras d'autres. "
Elle mit son œil droit en terre et enterra son corps. Grâce à ses arts
magiques, un jeune plant de guarana a germé de cet œil. Quand l'arbre
fut bien développé, l'enfant ressuscita. C'était le premier Mawe.
Quand le fruit du guarana est mûr, l'arille blanche avec la graine de
couleur marron foncé, rappelle les yeux de l'enfant légendaire. Les
fruits du Guarana mûrs ne ressemble t-ils pas à des yeux?
Consommation
et Culture du guarana
Les Satere-Mawe ont l'habitude de consommer le guarana sous
forme de poudre, sec ou en boisson. Pour obtenir cette
poudre, un 'bâton' de guarana est râpé sur une pierre ou sur la langue
du pirarucu (très grand poisson amazonien). Le nom indigène du guarana
est Warana.
Le guarana est consommé avec beaucoup de respect dans les
familles et lors de rencontres. Il possède un sens sacré : en prenant
le Warana, ce qui est pensé et dit est le fruit de la sagesse , la
force du Warana réalise alors ce qui est décidé. En buvant du guarana,
personne ne peut parler de façon négative ou mal intentionnée
envers les autres.
Pour ses propriétés stimulantes, le guarana peut être consommé sous forme de
tisane, mais le plus souvent les graines séchées et réduites en poudre
sont simplement diluées dans de l'eau ou du jus de fruit. Son goût est
âpre, rappelant celui de la terre, mais la saveur est très
caractéristique.
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LE
GUARANA |

Après avoir été séché
au soleil, il est cuit à feu doux dans un four d'argile chez
les Satere Mawe |
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ces
graines sont ensuite pilées
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Mêlée à de l'eau
pour obtenir une pâte. Cette pâte est
généralement roulée en cylindre.
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Le Brésil est le premier
producteur et exportateur mondial de guarana avec environ 2000 tonnes.
70 % de cette production est malheureusement issu d’hybrides dont la productivité est
20 fois supérieure à celles des souches sauvages. Ce guarana « hybride
» est moins riche en guaranine que le guarana de souche naturelle et
n’est pas équilibrée en tanins: il sert principalement à la production
des boissons énergisantes au guarana.
Les 30 % restant, de souches sauvages, poussent exclusivement dans la
forêt amazonienne. Cette qualité de guarana, est plus riche en
guaranine
et équilibrée en tanins, pectine et oligo-éléments.
La région entre le Tapajos, le rio
Amazone et le Madeira, terre d’élection du Guarana sauvage, abrite en
son cœur, la terre indigène Andira-Marau, que le Conseil Général des
Tribus Satere Mawe garde et préserve religieusement comme le « Satere
Mawe eco ga’apypiat warana mimotypoot sése » que l’on peut traduire
par « sanctuaire écologique et culturel du Guarana sauvages de
Satere Mawe » ; il s’agit de la seule banque génétique in situ du
Guarana dans le monde entier, préservée par les Satere Mawe, soit les
fils du Guarana, découvreurs de cette liane, de ses vertus et de sa
technique de domestication.

Les risques de l’introduction massive de clonage
dans la région menace
-
Le Guarana d’un appauvrissement génétique
radical, à cause de la pollinisation croisée entre les clones cultivés
et les plantes sauvages, à savoir l’extinction de l’espèce sauvage du
Guarana.
-
La survie économique et les espoirs des producteurs indiens et
caboclos (métis) qui voudraient maintenir et promouvoir une production
de qualité, la seule qui peut leur permettre un accès autonome au
marché et des prix dignes
-
Les pesticides et engrais chimiques polluent le patrimoine
génétique et l’environnement d’Amazonie
9000 Satere Mawe ont trouvé du travail grâce au guarana : les métiers qui
ont un rapport avec la fabrication et la vente du guarana sont variés
: certains travaillent à reboiser la forêt en plantant des arbres;
d'autres ont pu acheter du matériel d'apiculture et produisent du
miel; d'autres trient les ordures et récupèrent les piles usagées et
le plastique pour les recycler.
La communauté peut créer des écoles et payer des études aux jeunes qui
veulent devenir professeurs ou ingénieurs.
Elle a même construit un village pour que les touristes viennent sur
place apprécier les bienfaits du guarana et découvrir la vie
quotidienne des Indiens en forêt.
C’est ce qu’on appelle le développement durable.
Ces producteurs, leurs organisations
communautaires, coopératives et syndicats, ont besoin de soutien et de
savoir que leur détermination à se protéger des multinationales est
soutenue par le plus large panel de consommateurs de Guarana et de
produits naturels en général, en France, comme dans le monde entier.
Aujourd’hui le commerce équitable est
remis en question.
Mais voici encore un exemple qui
montre qu'un commerce éthique et responsable peut exister et doit être
respecté. De plus en consommant le guarana des Satere, vous épargnez
l'Amazonie, vous respecter un peuple, sans oublier que vous consommez
un guarana de bien meilleur qualité et meilleur pour votre corps que
vous respectez aussi par la même occasion.
JULIO, 25 Mai 2007
www.fleurdevasion.com
Pour télécharger et remplir la
pétition établie par Guayapi Tropical en partenariat avec les Satere
Mawe :