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FABE : Quand rap conscient donne naissance au blog conscient...

   Pour vous le rap est synonyme de quoi ?

Gangster, cité, drogues, violences, jeunes.... enfin bref on connaît tous les préjugés qui entourent le Hip Hop et ce n'est pas Monsieur Grosdidier qui nous contredira...
 

En tant qu'ancien amateur de Rap  (amateur de rap ancien ???) je dois vous présenter une perle: FABE et plus précisément son Blog.
 

Avant de présenter ce blog une petite présentation du Monsieur s'impose. :

 

Qui est Fabe?

Fabe, né en 1971 à Paris, est un rappeur français d'origine martiniquaise. Son pseudonyme est le diminutif du prénom Fabrice.
Le premier album de Fabe "Befa surpend ses frères" sort en 1994 sur le label indépendant Unik Records. 

L'année 1998 voit la sortie du troisième album "Détournement de son". Le titre qui se démarque est "L'impertinent", où Fabe s'en prend encore aux politiques et lance sa phrase la plus connue : "Si Jean-Marie courrait aussi vite que je l'emmerde, il serait tellement loin..." Après son dernier album, "La rage de dire", sorti en 2000, Fabe décide de mettre fin a sa carrière de rappeur et part pour le Québec étudier la théologie.

Ce qui n'empêche pas le député UMP François Grosdidier de l'inclure dans une plainte déposée devant le Garde des sceaux en 2005 pour "incitation au racisme et à la haine".

Vous comprenez alors mon étonnement quand je suis tombé sur son blog.

Fabe nous montre qu'il y a peut être une vie après le rap.... et oui son blog autobiographique respire le rap conscient à la porté de tous....

 

Revenons à son blog :

Son autobiographie se nome donc : Itinéraire d'un enfant marqué...  et le blog à pour l’adresse son année de naissance http://9mai1971.blogspot.com/

Dans un premier temps j'insiste pour dire que l'autobiographie peut être lue par tout le monde et n'est pas réservée aux amateurs de rap.

Ce n'est que par hasard que je tombe sur son blog, connaissant le rappeur je savais que ce n'était pas l'argent qui le motivait. Mais comme tourner sa veste est à la mode de nos jour j’appréhendais. Eh non Fabe reste lui meme premier point positif...

En effet c'est bel et bien un moyen de nous faire part des ses opinions sur l'actualité à travers son autobiographie.

Sincères, posés et réfléchies sont les idées qui alimentent son histoire et autres anecdotes Celles-ci ne manqueront pas de nous faire sourire et cogiter...

Le tout est très bien écris  et nous en apprend un peu plus sur la vie de Fabrice et aussi de la vie en "cité".

Pour l'instant il parle de son enfance mais. On attend la suite avec impatience....

 

Pour vous donner un petit aperçu voici un petit extrait :

"4 - L'argent (partie 1)

En lisant le récit d’une vie, il y a des choses que beaucoup de gens peuvent comprendre.

Comprendre, ça peut aider à ressentir un peu, ça peut rapprocher. D'un autre côté, ça peut aussi éloigner. Une bonne fois pour toutes…

Ma tante avait un petit ami et ils sont venus chez nous la veille de mon anniversaire. Le lendemain matin, quand on s'est levés, je me demandais ce que j'allais recevoir comme cadeaux. J'ai du insister lourdement, comme le font la plupart des enfants, puis le petit ami de ma tante est sortit. Il est revenu quelques temps après et il m'a offert une superbe bande dessinée. C'était une BD de
« Rahan, le fils de Craô ». Tu connais ? Sinon, c’est vrai que tu n’as pas perdu grand-chose. Cependant, pour être franc, je dois avouer qu’à ce moment de l’histoire, j’ai trouvé ça plus que génial !

Le livre était sous plastique et à l'intérieur il y avait le fameux couteau de cet homme de la jungle. Ce petit trésor devait coûter dans les 25 francs. C'était pas mal à l'époque. J'étais très content et je crois qu'eux aussi. Plus tard, j'ai appris que mon bienfaiteur était un bandit notoire. Etant donné qu’à l’époque il ne roulait pas sur l’or, j’en ai déduit que, se sentant mal à l’aise de n’avoir rien à m’offrir ce jour là, il avait du descendre à la librairie du coin histoire
«d’emprunter » un petit quelque chose pour moi. Remarquez, il se peut aussi que je me trompe. Dans ce cas, ce serait la fameuse exception qui confirme la règle dont on parle si souvent. Quoi qu’il en soit, le temps m’a confirmé que nous étions nombreux à nous être trouvés, un jour ou l’autre, dans ce genre de situations paradoxales. Dans les films ils disent souvent que « La fin » justifie « les moyens ». Et nous, malheureusement, nous avons beaucoup trop regardé la télévision…

A part ça, parce qu’ils vivent généralement loin des faits divers dont ils parlent et qu’ils n’ont pas assez de recul sur les failles d’un système qu’ils considèrent comme
« La » référence, tu remarques que les gens aiment bien refaire le monde, débattre sur l’art et la manière de faire chuter la criminalité, de se battre contre les violences « urbaines » et la délinquance. Mais lorsque tu t’aperçois que leurs discussions volent si bas qu’ils en sont encore à chercher à définir « qui » est coupable dans le genre d'histoires ci-dessus, tu te dis que, bien souvent, ceux qui prétendent « penser le monde » passent à côté des choses essentielles.

Notre monde actuel n’est pas en crise, il fonctionne au mieux selon les fondements sur lesquels il a été érigé. La
« crise » en question est l’une de ses constantes, un mal soi-disant « nécessaire ». A ce qu’ils disent. Comme si la vie était une montgolfière lestée avec des sacs pleins de vies humaines et que l’ascension économique était une fatalité. Comme si on devait forcément gagner plus. Comme si c’était le but de la vie. Comme si l’homme cherchait à repousser les limites, à aller plus vite et plus loin mais sans autre objectif. Comme si on oubliait l’essentiel. Or, plus on monte en altitude, plus l’oxygène se fait rare.

Il y a ceux qui étudient et comprennent cette crise qui n’en est pas une - d’ailleurs, de nos jours, on peut même faire carrière dans l’art d’analyser la vie de ceux qui n’en ont pas - et puis il a ces chiffres qui ne sont pas que des chiffres, qui font froid dans le dos et laissent sans voix. Les chiffres du quotidien. Le quotidien de ceux qui rêvent du quotidien de ceux qui sont payés pour faire oublier le quotidien de ceux qui payent pour les regarder simuler ce quotidien
« idéal ». Un quotidien « idéal » qu’eux mêmes ne vivent pas en dehors des scènes qu’ils tournent et des quelques soirées mondaines ou ils sont vus et aimés pour ce qu’ils ne sont pas. Opulence matérielle ? Non, misère morale.


Quoi qu’il en soit, par la suite, il m’est arrivé à plusieurs reprises de me trouver dans ce genre de situations que j’ai appelées
« paradoxales ». Le paradoxe en question vient du fait que tu sois dans le mal et dans le faux jusqu’au cou mais que, malgré cela, tu aies le sentiment de faire partie des bons et de faire le bien. D’après toi, ton combat est juste. Par exemple, au lycée, il m’arrivait de passer les commandes de sweat-shirts et autres T-shirt « à la mode » - mais trop chers pour nous - parmi mes camarades de classe dès le matin. A la pause de midi, je passais les prendre au magasin pour être de retour avant le début des cours. Je les revendais à moitié prix avant la fin de la journée et j’avais l’impression d’être un « robin des bois » pour mon entourage. D’ailleurs, si tu demandais après moi, on te disait que j’étais quelqu’un de bien. Un type sur qui on pouvait compter et qui rendait service. Car il est important de savoir que, comme beaucoup d’entre nous, je ne suis pas né « voleur ». On peut même dire j’étais loin d’être précoce dans le domaine.

Quand j’avais environ douze ans, j’aimais rester seul. En fait, je ne sais pas si on aime la solitude. J’ai plus l’impression qu’on s’y habitue. Bref, je restais seul. À Annecy, mon passe temps préféré était le vélo. En général, j’enfourchais celui que mon oncle m’avait fabriqué très tôt le matin et je partais faire le tour du lac. Ce vélo était toute ma vie. C’était un petit vélo de course rouge de la même marque que celui de ma sœur et, à cette époque, le tour de France était très populaire. J’avais donc un t-shirt comme les coureurs cyclistes qui passaient à la télévision ! Il était moulant avec des manches courtes qui se terminaient par des élastiques au niveau des bras et deux poches pour mettre les sandwichs derrière, en bas du dos. Dessus, c’était écrit « GAN » en noir sur une bande blanche horizontale, placée au niveau du torse et qui faisait le tour du maillot. Elle était encadrée, recto verso, par deux bandes bleu marine de la même taille. Si je me souviens bien, c’était le même t-shirt que Bernard Hinault qui était au cyclisme de l’époque ce que Zidane est au football d’aujourd’hui. Quant à moi, j’étais juste un panneau publicitaire gratuit. Prêt à payer pour faire de la pub. Un âne quoi !

C’est marrant non ? Tu portes une marque pour ressembler à un quelqu’un que tu admires. Lui, de son côté, s’il porte cette marque c’est parce qu’on lui donne de l’argent pour la porter en public. D’ailleurs, dans sa vie de tous les jours, il ne la porte pas. Sauf, bien sûr, si on le paie davantage. Toi, tu as de l’admiration ou de l’amour pour cette personne (sportif, acteur, chanteur, etc.) Ton rêve c’est de faire partie de sa
« famille », lui ressembler et ton aspiration « ultime » va même jusqu’à être vu comme lui. Et ceux qui fabriquent les marques le savent. Ils savent que si tu vois cette personne porter un type de vêtement particulier, tu voudras le même. Donc, ils lui donnent de l’argent pour qu’il accepte de leur faire de la pub. A ce moment là, il faut savoir que c’est au nom de ton amour et du respect que tu as pour lui qu’il s’en met plein les poches et que, ce faisant, il accepte aussi que les gens qui lui ont accordé sa légitimité - dont toi - soient considérés comme des pigeons potentiels. Résultat ? Tu te retrouves à faire de la pub pour une marque qui t’a pigeonné et rêve de ressembler à un héros qui te prend pour un âne. Elle est belle l’arnaque non ?

Dernièrement, à l’époque ou pharaon à bombardé le Liban, j’ai lu un article ou Ronaldinho[1] (le sportif qui à un ballon à la place du cerveau) disait qu’il n’avait versé aucune larme sur les enfants massacrés lors du carnage qu’a connu Cana et que, à ses yeux, ils n’étaient que
« Des futurs terroristes » Merci Ronald ! On dira aux femmes et aux enfants assassinés ou mutilés qu’ils l’ont bien mérité ! Ça leur apprendra à vivre dans leur pays et à vouloir y faire ce qu’ils veulent ! Sérieusement… Lui, il n’a pas de cerveau, c’est pas de sa faute. Mais nous, comment on fait pour porter son nom sur nos t-shirts avec l’impression d’être « dans le coup » ?.... "

Je veux bien accorder que le rap n'est pas forcement aux goûts de chacun. Ce qui est dommage c'est que des artistes comme Oxmo, Iam, Krsone, kool shen ou Fabe ne soient pas reconnus pour leurs talents lyriques...

En tout cas bonne lecture.

JULIO, 25 Avril 2007

www.fleurdevasion.com

 

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